Le Temps - Il y a vingt ans, Alia Bechaouch fit le pari de transformer la belle demeure familiale en une galerie d’art. Pari risqué – ô combien ! – dans la mesure où implanter une galerie d’art dans la médina relevait du défi pour plusieurs raisons :
1) Les Tunisois s’intéressant aux arts plastiques avaient pris l’habitude des galeries sises dans la partie dite européenne de la capitale ou dans les banlieues
2) Généralement ils appartenaient à une catégorie de la population aisée, cultivée ou prétendant l’être
3) Habitués à avoir accès facilement ailleurs, auraient-ils eu le courage de se rendre à cette galerie, ce qui exigeait de leur part un réel amour de l’art
4) Même si les habitants de la médina par curiosité ou pour visiter cette ancienne belle demeure s’y aventuraient, qui parmi eux pourraient acquérir les œuvres exposées ? Je suppose ou plutôt je suis convaincue que Alia Bechaouch avait conscience de tout cela. Mais à son désir de créer une galerie pas comme les autres, spécifique de la Médina, inscrite au cœur même de cet espace séculaire , s’ajoutaient une foi et une confiance inébranlables en la réussite d’un projet qui réussirait à faire découvrir ou redécouvrir la médina à ceux qui l’avaient négligée voire même oubliée. En même temps qu’il attire l’attention des habitants.
Vingt ans après, malgré toutes les difficultés rencontrées et surmontées et grâce à un courage à toutes épreuves, le défi a été relevé et le pari gagné. Au-delà (à mon avis) des espérances. Ceux qui ont suivi l’histoire de cette création et les nombreuses, diverses expositions et activités culturelles, peuvent en témoigner. J’en fais partie et en tant que telle, j’ai jugé juste et bon d’interroger Alia Bechaouch...
Pour lire l’entretien de Alia Bechaouch, artiste peintre : www.letemps.com.tn
Texte Mona BEN GAMRA - Photo le Temps